Tous les articles par Agathe Vatan

Vendanges 2020

DSC05221_2Les dates de débourrement, puis de floraison de la vigne nous avaient prévenus : Les vendanges 2020 allaient être très précoces et il allait falloir s’organiser en conséquence… « Vivre l’instant présent » : Certes, certes, mais en plus du présent, la vigne vous oblique à toujours anticiper l’avenir…

Nous avons la chance, avec le Chenin et le Cabernet Franc, de travailler deux cépages plutôt tardifs et, Dieu merci, quand dans le Sud on entend parler de vendanges en Août, ici c’est la Loire, et ce n’est pas encore notre lot.

Pour fixer les idées, il faut que les nouveaux venus sachent que, dans les années 1980, la date moyenne de départ en vendanges devait tourner autour du 10 octobre. Et si l’on parle de temps immémoriaux des années 50, alors là on attaquait encore plus tard : En 1951, mes parents revinrent tranquillement de leur voyage de noces le 18 octobre, commencèrent leurs vendanges le 20 pour finir le 11 novembre… Dans son « Histoire du climat depuis l’an mil », Emmanuel Le Roy Ladurie montre combien DSC05226_2la date du Ban des Vendanges, région par région, est un indicateur unique pour suivre les fluctuations climatiques. Maintenant, nous savons qu’il ne s’agit plus de fluctuations mais d’un bouleversement… D’ailleurs l’INAO a préféré baisser les bras, supprimant notre Ban (qui interdisait aux vignerons de récolter avant cette date, fixée après visite des vignes et discussions souvent tendues entre les vignerons et l’Institut National des Appellations d’Origine), et laissant chacun décider en fonction des vins souhaités…

Cette année, dès le début de Septembre, les contrôles de maturité nous annonçaient que ce millésime allait être encore plus atypique et précoce que le précédent. En effet : Premiers coups de sécateurs le 10 (en 2019 : le 15) dans la parcelle de Chenin du lieu dit St Vincent, avec sa vue magnifique sur la Loire. Cette année encore, nous avons coupé toutes les grappes de Chenin avant de commencer les rouges, situation bien plus confortable que celle où les pressoirs de blanc tournent en même temps que les raisins de Cabernet Franc arrivent à la cave…

Unanimité chez tous les vignerons du coin : Les jus de Chenin 2020 étaient exceptionnels, et la « bernache » (le jus en fermentation) fut un délice.

La météo n’annonçait pas d’anticyclone mais pas de grosses précipitations non plus, et, de fait, la récolte des rouges fut assez sereine : départ le 21 septembre pour finir le 1er Octobre (en 2019 : du 26/09 au 9/10 pour les Cabernets).

20201002_140844Au Hureau, cette année encore ; Toutes les fermentations malolactiques se sont faites « sous marc » (c’est à dire en cours de macération, en même temps que la fermentation alcoolique). Habituellement, certaines cuves sont encore « en malo » à Noël, voire au printemps de l’année suivante…

Mais aujourd’hui, 8 novembre 2020, toutes les fermentations sont terminées – incroyable ! – et la phase d’élevage peut commencer.

La cave va redevenir silencieuse, retrouver son calme, les vins vont se clarifier, s’affiner… Il nous faut juste un peu de patience, maintenant…

Ph. Vatan

Le Millésime 2019

Comme tous les amateurs le savent, les vignerons ont cette curieuse (fâcheuse ?) habitude de présenter le dernier millésime comme le meilleur ou, à tout le moins, comme l’un de leurs préférés… Et là, je suis franchement désolé mais… Je ne vais pas pouvoir faire autrement!

Bien qu’il soit encore « dans ses langes », je placerais d’emblée 2019 dans le top 5 de mes 32 millésimes ! (Quels sont les autres ? On peut en discuter pendant des heures mais 1990 et 2005 sont de la partie…)

Tout d’abord un gel de printemps évité d’extrême justesse. Ensuite un mildiou qui, après nous avoir causé bien des tracas et une belle perte de récolte en 2018, nous a laissé tranquilles cette année : très peu de bouillie bordelaise en 2019.

A près la floraison, les grappes de Cabernet Franc, nombreuses cette année, se sont autorégulées par une coulure impressionnante, qui nous a d’abord inquiétés… Mais qui s’est finalement révélée bénéfique aux vendanges : cette bonne aération des grappes nous a permis de récolter des raisins parfaitement sains et mûrs.

Le 2019 est d’autant plus extraordinaire qu’en fait personne ne s’y attendait vraiment : la sècheresse estivale, très sévère, laissait plutôt augurer d’une bien faible récolte, de tanins secs et difficiles à négocier dans les rouges, de déséquilibre dans les blancs… Mais les pluies de dernière minute (ici tout le monde les a crues trop tardives) ont tout arrangé…

Oui un petit miracle, vous dis-je…

L’état parfait des raisins nous a décidé pour des vinifications sans soufre : Un fruit concentré parfaitement préservé, un vrai bonheur…

Bien sûr le chemin reste long d’ici les mises en bouteilles mais toute l’équipe du Château est très confiante !

N’oublions pas les 2017, très grand millésime dans toute la Loire et 2018, plus faible en quantité chez nous mais d’une classe folle…

2014, 15, 16, 17, 18 et maintenant 19, quelle série !

Le guide Bettane & Desseauve 2018

Philippe Vatan recherche de la fraîcheur et du volume en bouche dans ses rouges. Lisagathe est un joli vin de garde structuré, récolté sur des coteaux argileux. La parcelle des Fevettes fournit un vin très fin mais qui évolue très bien, en développant d’élégantes notes de pivoine.

 

Saumur-Champigny Tuffe 2015 16,5/20
Saumur-Champigny Fours à Chaux 2015 15,5/20
Saumur-Champigny Les Fevettes 2015 16,0/20
Saumur-Champigny Lisagathe 2015 17,5/20

Saumur Argile 2015 15,5/20
Saumur Foudre 2015 15,5/20